Les ukiyo-e sont des estampes et peintures sur bois qui se sont développées principalement durant l’époque d’Edo (XVIIe–XIXe siècle). Le mot « ukiyo » désignait à l’origine le caractère éphémère du monde, mais il a évolué pour évoquer l’idée de « profiter de l’instant présent ».
Les premiers ukiyo-e représentaient surtout des acteurs de kabuki, des courtisanes, des femmes élégantes et des scènes de divertissement populaire. Ils jouaient un rôle comparable à celui des affiches, magazines ou photos de célébrités aujourd’hui.
À la fin du XVIIIe siècle, l’apparition de l’impression polychrome (nishiki-e) a permis un grand raffinement visuel. Des artistes comme Hokusai, avec Trente-six vues du mont Fuji, ou Hiroshige, avec Les Cinquante-trois Stations du Tōkaidō, ont élargi le genre en représentant des paysages, des voyages et la vie quotidienne.
Les ukiyo-e étaient produits en grande quantité et vendus à bas prix, ce qui les rendait accessibles à une large partie de la population. Ils constituaient un média visuel puissant, capable de transmettre modes, idées et atmosphères sociales, même à des personnes ne sachant pas lire.
Après l’ouverture du Japon au XIXe siècle, les ukiyo-e ont profondément influencé les artistes européens. Ce mouvement, appelé japonisme, a marqué des peintres comme Monet, Degas ou Van Gogh. Les compositions plates, les cadrages audacieux et l’absence de perspective classique ont joué un rôle clé dans l’émergence de l’art moderne occidental.